Réseau social:1- Intelligence géospatiale:0

evanbaldLa question des traces qu’on laisse, volontairement ou involontairement, sur Internet inquiète à juste titre.

Peut-on se cacher en restant connecté ?

Une expérience organisée dernièrement par Wired, magasine consacré aux nouvelles technologies, est intéressante à cet égard. Le 15 août 2009, Evan Ratliff, journaliste et collaborateur du journal, décide de disparaitre pour un mois. Le magazine offre une prime de 5 000 $ à qui pourra le retrouver et l’identifier avant le 15 septembre 2009. Si Ratliff réussit à échapper à ses poursuivants, il touchera 3000 $. Dans tous les cas le magazine gagnera une belle histoire.

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Google Maps entre en littérature avec Netherland

NetherlandLa traduction française de Netherland, subtil et émouvant  roman de Joseph O’Neill sort ces jours-ci aux Editions de l’Olivier. Au-delà des qualités de l’ouvrage, je le mentionne ici car c’est à ma connaissance la première fois que Google Maps est utilisé dans une œuvre purement littéraire (si vous avez un exemple antérieur, merci de le mettre en commentaire).  Google Maps  est définitivement entré dans nos vies, la preuve : il est déjà dans la fiction.

Oh, bien sûr, Google Maps n’est pas au cœur de l’intrigue de Netherland. Le livre  raconte l’histoire de Hans, financier  hollandais exilé à l’Hôtel Chelsea dans le Manhattan de l’après 11 septembre tandis que sa femme Rachel et son fils Jake  sont retournés  à Londres. Hans rencontre Chuck Ramkissoon, un homme d’affaire originaire de Trinidad, étrange et fascinant,  qui a pour projet d’implanter le jeu de cricket aux Etats-Unis. Google Maps n’intervient que  dans deux courts passages, qui méritent d’être cités, même dans ma traduction personnelle non homologuée, pour leur qualité littéraire et leur profondeur de réflexion.

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Révoeulution dans la topologie

On sait que les années soixante ont été fondamentales dans la mise en place des concepts et des technologies  (géo)spatiales.

Je me suis déjà fait l’écho du célèbre CGIS canadien développé à cette époque et dont les objectifs sont exposés dans le film Data for Decision. En France au même moment des travaux théoriques d’avant-garde portaient sur des questions de topologie, discipline dont on connaît l’importance en géomatique. Mais, comme  souvent dans notre pays, les avancées effectuées par des précurseurs géniaux parviennent difficilement  à déboucher sur des solutions industrielles et des produits commerciaux. Ces recherches très (trop ?) en avance sur leur temps sont malheureusement restées ignorées des géomaticiens.

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Un petit palmarès géomatique avec Google trends

L’application Google trends compte la fréquence avec laquelle un mot-clé est saisi dans le moteur de recherche de Google et fournit des statistiques chronologiques et géographiques.  Je l’ai utilisé pour comparer quelques mots clés liés à la géomatique et à ses outils : geomatics, GIS, GPS, Google Earth, Google Maps, ArcGIS, Mapinfo… Les résultats sont à observer avec un regard critique compte tenu des limites de l’instrument  et restent difficiles à interpréter (voir à la fin de ce billet une courte note méthodologique). L’exercice n’est pas inintéressant et met bien en évidence l‘originalité de la situation française.

Geomatics, GIS et GPS

Gtrendgeomatics

La comparaison des entrées  Geomatics, GIS et GPS illustre le caractère confidentiel du mot géomatique dont le score est nul ou quasi. Remarquons toutefois que Geomatics est a priori moins utilisé en anglais que Géomatique ne l’est en français. GPS est quant à lui 5 fois plus recherché que GIS (Geographical Information System), alors que le score de ce dernier est gonflé par son homonymie avec le pluriel des soldats américains (GIs). A noter aussi que le score de GIS baisse régulièrement, alors que GPS reste stable.

Le GPS suscite la curiosité du grand public plus que les SIG, ce n’est pas une surprise …

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Cartes de la grippe A(H1N1) (suite)

Quel type de carte produit-on pour informer sur un phénomène global tel que la grippe A(H1N1) ? Après une rapide analyse des deux principaux sites Web présentant une cartographie systématique et actualisée, je  propose un exemple très simple de carte qui  bouge.

(Des ajouts ont été faits à ce billet d’abord le 7 juillet, puis le 25 août. Ces derniers sont marqués en bleu.)

J’ai déjà abordé ce sujet récemment mais alors que l’OMS vient de déclarer l’état de pandémie pour la grippe A(H1N1) cela vaut la peine d’examiner où en est la cartographie en ligne de cette  grippe. Comme toute carte,  celles de la grippe doivent répondre à deux exigences différentes. Le public veut connaître précisément la situation près de chez lui ou de chez ses proches ou bien dans un endroit qu’il compte visiter. Mais il veut aussi comprendre le phénomène dans son ensemble, sa structure et sa dynamique.

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Google Earth et la ségrégation au Japon

Comment la publication sur Google Earth d’une carte anciennes génère une polémique au Japon à propos de la localisation des “burakumin”, parias de la société japonaise. A partir de ce cas d’espèce, je propose de réfléchir sur l’impact potentiel des cartes anciennes dans les WebSIG et les globes virtuels.

Les historiens s’intéressent depuis plusieurs années aux SIG (voir par exemple la page de Ian Gregory). Les étudiants en histoire sont de plus en plus nombreux à se former à la géomatique. Les urbanistes et autres gestionnaires de la ville d’aujourd’hui sont avides d’intégrer dans leurs systèmes et leurs analyses des cartes anciennes. De son côté, le monde des archives s’ouvre à de nouveaux utilisateurs et la géonumérisation des collections bat son plein (voir à ce propos le projet Géotopia que nous menons avec le LIUPPA de l’Université de Pau et la société Makina Corpus)

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Fièvre cartographique pour la grippe A(H1N1)

Le blog TerraImago publie un très intéressant et complet panorama des ressources cartographiques qui ont fleuri depuis quelques jours à propos de la grippe A (H1N1), comme l’appelle maintenant  l’OMS.  Il met l’accent sur les ambigüités et dangers du Web contributif en la matière et la confusion qui règne actuellement dans les données publiées.

Il existe en effet de nombreuses initiatives de consolidation et de publication de données sur l’incidence et la prévalence de l’épidémie. Fondées sur des sources très hétérogènes, les cartes produites s’avèrent peu fiables. Cette confusion est liée en partie aussi aux protocoles complexes de qualification des cas suspectés. Il semble que les procédures de validation et même les étapes dans ces procédures varient entre les pays, ce qui ne facilite pas les comptages et les comparaisons. Certaines des cartes publiées, comme celle-ci par exemple, mélangent des données agrégées à la capitale du pays (France) et d’autres plus finement localisées (Royaume-Uni). Comme le souligne TerrImago, on s’étonne donc d’autant plus que les sites officiels tels que l’OMS ne publient pas de données cartographiques au jour le jour sur l’épidémie. Disposant des protocoles formalisés susceptibles d’élaborer des comparatifs fiables, ils pourraient produire des cartes de référence et donc limiter la fièvre cartographique actuelle, qui ressemble par certains côtés à celle de l’affaire Madoff.

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Mon père était cartographe

Non ce n’est pas le début d’un chapitre du livre  “Comment je suis devenu géomaticien”.  C’est ce qu’écrit l’artiste et graphiste Joel Friesen sur son blog:  ” My father was a map maker and taught me the joys of understanding the world visually”.  Il lui en est resté quelque chose comme en témoigne ce joli travail :

Exchanges Gallery poster design de Joel Friesen

Exchanges Gallery poster design de Joel Friesen Sage Internet Inc

Mais il faut voir surtout Henchman’s Helper. 51 écrans de caméras braqués sur le monde:  villes, images météo, écrans d’ordinateur, cartes diverses. Henchman’s Helper signifie littéralement l’aide de l’adepte ou du partisan.  Un peu obscur mais, selon l’auteur, il s’agit de porter la domination du monde sur Internet pour que les adeptes du Diable puissent avoir leur tanière partout où ils sont (“to bring world domination to the internet, so evil henchmen could have their lair anywhere they are”). Rien que cela ! Cliquez, c’est impressionnant.

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Géométrisation du sensible

Vues anormales des vies normales

Sous ce joli titre, Philippe Dagen présente dans le Monde 2 du  4 avril 2009 le travail de deux photographes :  Lucie de Barbuat et Simon Brodbeck. Les photographies publiées dans le magazine peuvent être visualisées ici. On en trouvera d’autres sur le site des artistes.

Photographie de Lucie et Simon

Photographie de Lucie & Simon

Grâce à l’usage d’un pied télescopique et mobile, les deux photographes captent des scènes de la vie quotidienne, prises depuis le dessus.  P.  Dagen voit dans  ce dispositif une  géométrisation du monde sensible : “les vivants deviennent des gisants, les lits des dessins, les espaces des plans,  la vie une géométrie et une énigme”. Il perçoit d’abord  l’étrangeté que ce point de vue donne à des scènes quotidiennes et insiste sur la dimension artistique de ce travail. Il le rapproche des “tableaux-pièges” de Spoerri dans lesquels celui-ci accroche au mur des tables sur lesquelles il a collé  les assiettes et les reliefs de repas. On y trouve en effet le même basculement de l’horizontal au vertical.

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Grand-Papa, raconte moi encore les SIG !

D’accord, vous faites le malin en vous localisant sur Google Maps avec votre iPhone. Mais vous êtes-vous déjà demandé de quand dataient les Systèmes d’Information Géographique ?

datafordecision Eh bien, vous pouvez  revivre les temps héroïques des pionniers des  SIG et de leurs drôles de machines dans le film Data for Decision du National Film Board of Canada, maintenant accessible sur YouTube. Tourné en 1967, le film décrit le développement du Canada Geographic Information System (CGIS), dirigé par  Roger Tomlinson, un des nombreux inventeurs des SIG. Directeur du CGIS à l’époque, il a commandité le film pour promouvoir son système et trouver des financements (source : Gis and Science.com).

Si vous voulez connaître la suite de l’histoire, elle est  ici : l’abandon du système et le patient et coûteux travail de reconstitution des données qui sont maintenant en consultation interactive  sur le Net.  Même si elles sont anciennes, leur interprétation serait toujours valable.

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